Le Parcours

En arrivant en Angola, les 300 kilomètres suivant la frontière sont très beaux mais il n’y a rien ! Je prolonge donc jusqu’à Lubango, la première grande ville.
Je poursuis ensuite en direction de la côte et la ville de Namibe.
De là, je fais un petit crochet au sud jusqu’au désert du Namib, que j’avais laissé en Namibie, pour voir quelques magnifiques endroits !
Je reprends ensuite la route du nord en longeant la côte. Jusqu’à Benguela, puis Luanda, la capitale. J’avais envisagé passer un peu dans les terres, notamment pour aller voir des hippopotames mais c’est déjà la saison des pluies ici, les chemins sont déjà quasiment impraticables, je fais le choix raisonnable de rester sur la route.
Je reste quelques jours à Luanda puis je continue la route pour rejoindre la frontière de la RDC.
Je passe en RDC pour seulement deux jours, en séjournant à Matadi (où je passerai le pont sur le fameux fleuve Congo) puis Boma, je retrouve ensuite l’Angola dans l’enclave de Cabinda.
Entré au Congo par Pointe Noire, je repars vers la capitale Brazzaville où je resterai quelques jours.
Ensuite, cap plein nord vers Ouesso et la frontière Camerounaise !

Carnet de Route

Lubango

Je passe la frontière angolaise, tout se passe bien : beaucoup de documents demandés mais je parviens à passer en 2-3 heures. S’ensuit une longue route dans des paysages de collines verdoyantes. Quelques personnes au bord de la route, parfois de tribus typiques de la région. Il y a aussi de nombreux vestiges de la guerre civile : des carcasses de chars d’assaut et autres véhicules militaires qui rouillent sur les bas cotés. Ici, plus de camping, n’ayant pas assez d’eau et de nourriture pour bivouaquer confortablement, je décide de prolonger jusqu’à Lubango, en finissant la route de nuit. Je resterai une journée là-bas pour les démarches classiques d’après frontière (argent, carte SIM, assurance).

Descente du Plateau

Depuis Lubango, je prends la route de la côte. Jusqu’à maintenant, j’étais sur un plateau à 1600m d’altitude. Mais ce plateau en question s’arrête net : des falaises immenses et une route magnifique permette de descendre vers les plaines. Avant d’arriver à la ville de Namib, je pars chercher des chars abandonnés dans le désert, j’ai seulement les coordonnées GPS, je jardine un peu pour les trouver mais je finis par y arriver au soleil couchant, incroyable. Je finis encore la route de nuit !

Désert du Namib

Depuis la ville de Namibe (Moçâmedes en portugais), je m’autorise un petit détour vers le sud pour aller voir quelques sites dans le désert du Namib : l’Oasis de Arcos, asséché depuis des années avec enfin de l’eau, un local me montre les fameuses arches qui surplombent les lacs en plein désert. Il y a aussi Las Colinas : un splendide canyon un peu labyrinthique. L’avantage de l’Angola est que ce n’est pas touristique : n’importe quel site de ce genre ailleurs serait un haut lieu du tourisme avec ses restrictions. Ici, rien, je peux explorer les différents canyons en moto, je n’y ai croisé absolument personne et j’y ai installé mon bivouac. La nuit, c’est probablement l’un des lieux les plus silencieux où je suis allé !

Namib - Benguela

Je repars de mon bivouac désertique et j’entame ma remontée vers le nord et Benguela. La route longe la côte puis s’arrête, sur 80km, la route laisse sa place à une piste plus ou moins bonne. Sur ce chemin, je m’écarte pour aller au Cabo de Santa Maria et son phare abandonné, un chemin incroyable, un peu trialisant, au coucher du soleil pour rejoindre le cap, surplombant un petit village de pêcheur. J’y plante ma tente pour la nuit, un peu moins calme avec un vent un peu trop fort ! le plus incroyable, le matin même, je me levais au canyon de Las Colinas, et je me retrouve le soir dans un décor celtique ! Je reprendrais la piste le lendemain dont une section un peu engagée se finissant par une traversée de rivière sur une centaine de mètres avec sables mouvants !

Luanda

La météo est capricieuse, c’est la saison des pluies. Je décide donc de rallier Luanda par la route principale. Je m’y arrêterai deux jours pour me poser avant de reprendre mon itinéraire.
Rien de très intéressant, une ville moderne dans un pays pauvre…
Mais cette pause m’aura fait du bien.

MBanza Kongo

Pour rejoindre la frontière congolaise : uniquement de la route. Mais dans des décors somptueux.
D’abord le long de la côte en traversant les petits villages de pécheurs. Puis à partir de N’Zeto, la route s’enfonce dans les terres et la jungle.
J’arrive dans la ville de M’Banza Kongo, la dernière avant le passage en RDC.

République Démocratique du Congo

Au regard de la situation en RDC, je ne pense pas m’éterniser ici, et je n’irai pas jusqu’à Kinshasa. Pour autant, le but n’est pas de faire un raid en traversant cette partie en une journée comme le font beaucoup de voyageurs, j’y resterai deux jours en itinérance et cette partie m’a bien plu : les paysages sont incroyables, les gens que j’ai rencontré très accueillants. On voit quand même à l’état et au chargement des voitures que le niveau de vie descend encore d’un cran. J’arrive d’abord à Matadi dans un trafic indescriptible (l’Inde était fluide à coté). C’est ici que se trouve le seul pont qui permet de traverser le fleuve Congo, véritable barrière géographique ici. Je poursuis ensuite à Boma, je m’arrêterai à cette occasion un bon moment au bord de la route pour discuter avec des vendeurs de viande de brousse. Le lendemain, je rejoins l’enclave Angolaise de Cabinda.

Cabinda

Pour parvenir à Cabinda, pas de route depuis la RDC : 20km d’enfer. Un mélange de sable et de boue inconduisible, des ravines d’un bon mètre de profondeur, je parviendrai à la frontière après 2h30 de lutte acharnée dans laquelle j’ai dit au revoir à mon embrayage !
Je m’arrête à Cabinda une journée pour tout nettoyer avant de passer au Congo.

Pointe Noire

Première ville au Congo : Pointe-Noire. Assez moderne et surtout fief de tous les expatriés français (le pétrole est principalement exploité en offshore ou près de la côte). De belles plages, des couchers de soleil incroyable, du surf… J’en profiterai surtout pour changer mes disques d’embrayage. La route qui permet ensuite de revenir à Brazzaville est très bonne : ça m’arrange, avec les pluies quasi-quotidiennes la nuit, les chemins sont presque inaccessibles ! Ici, plus de désert ou de plaines, c’est majoritairement de la jungle, partout, tout le temps !

Brazzaville

Capitale du Congo, Brazzaville fourmille. C’est en tout cas beaucoup moins occidental que Pointe-Noire. Ce qui est surprenant, c’est que la ville est d’un côté du fleuve Congo et sur l’autre rive : Kinshasa, capitale de la RDC. Deux capitales si proches, c’est dingue !
Les gens au Congo sont super sympas ! j’y rencontrerai les fameux sapeurs qui se donnent en spectacle dans leur plus belle tenue le dimanche !

Réserve de Léfini

A environ 150 kilomètres au nord de Brazzaville, la réserve de Léfini. Une piste un peu sableuse mais magnifique permet de rejoindre le camp Abio. C’est ici qu’une fondation s’occupe de réintroduire des gorilles dans la jungle (après avoir été exfiltrés dans des zoos lors de la guerre civile). Ceux en cours d’apprentissage sont installés sur des îles de la rivière Louna, en semi-liberté. Il est possible d’accompagner les éco-gardes en barque pour aller leur donner à manger. La rencontre est mémorable : les gorilles regardent dans les yeux, et leur regard est plus proche de celui d’un humain que d’un animal, troublant mais magnifique !

Ouesso

Je reprends ma route à travers la jungle jusqu’à Ouesso, la ville la plus au nord du Congo.
Lors de cette étape, je traverse l’équateur où un monument permet de se rendre compte que j’avance bien !
Hormis ça, il y a peu : quelques villages perdus dans la jungle, et cette bande noire au milieu, seule route dans cet océan vert !
Je traverse le parc Parc national d’Odzala-Kokoua. Certains disent avoir vu depuis cette route des éléphants ou des chimpanzés, je n’y ai rien vu, à part des nuées de papillons !

Les rencontres

Dès que j’ai quitté la Namibie, j’ai aussi quitté la partie touristique de mon itinéraire, les rencontres avec d’autres voyageurs sont plus rares.
Pourtant, j’ai quand même rencontré un couple d’allemand en fourgon aménagé à Lubango. Également un expatrié français dans mon auberge à Luanda. J’ai aussi croisé quelques équipages sur la route, la plupart dans le sens de la descente vers l’Afrique de Sud : des allemands, des français. C’est un petit monde : on se rends compte qu’on a croisé ou que l’on connait les mêmes voyageurs !
A Pointe-Noire, j’ai aussi rencontré des expatriés français, notamment les patrons du garage ou j’ai changé mon embrayage.
Sinon, beaucoup de rencontres avec des locaux : dans les auberges, les restaurants, les petites boutiques ou dans la rue. Que ce soit en Angola ou au Congo, ils étaient très sympas et curieux d’en connaitre plus sur mon voyage.

L'hébergement

Je reste sur la même logique : auberge en ville et tente lorsque je peux.
Ici, le concept de camping n’existe plus, donc c’est soit bivouac ou alors, comme à Pointe-Noire, des restaurants qui autorisent les voyageurs à camper sur la terrasse.
En RDC, je ne me sentais pas de bivouaquer, et les hôtels sont hors de prix (minimum 50$), sûrement parce que ce n’est pas touristique, heureusement que je ne suis resté que 2 nuits !
Autre facteur, la météo : à partir du Congo, il pleut quasiment toutes les nuits, ça réduit les possibilités de bivouac…

La Mécanique

Principal point mécanique sur cette étape : l’embrayage.
C’est celui d’origine (70 000 km), je savais qu’il était susceptible de ne pas aller au bout. J’avais pris des disques garnis de rechange sans vraiment penser que j’en aurais besoin ! C’est finalement la piste à la frontière RDC-Cabinda qui aura sa peau !
Je trouve un garage sérieux à Pointe Noire pour changer ça.
Comme je n’avais pas de joint de carter, j’ai eu droit à un beau joint en feuille Canson made-in-Congo. Mais tout est réparé sans fuite, prêt à repartir sur les routes !