Le Parcours

J’ai passé beaucoup de temps dans les régions du nord de l’Inde, du moins plus que ce que j’avais prévu.
En repartant de Varanasi, il me reste un peu plus d’un mois de visa (sur les trois au total).
Le premier objectif est donc de rallier Chennai, 2000 kilomètres plus au sud, le plus vite possible, histoire de se « téléporter ». Je mettrai quatre jours pour descendre.
Je reste deux jours à Chennai pour visiter puis je descends vers Pondichéry. L’étape suivante consiste à rejoindre le Kerala. Une grosse journée de route me permet de rallier Munnar, dans les montagnes et les plantations de thé. J’y parviens alors que la région est en vigilance orages : et en effet, je prendrai ces quelques jours de bonnes pluies tropicales !
Je reste dans les montagnes en faisant des petits sauts de puces : Thekkady puis Kanjirappali. Je redescends vers la côte ouest à Alapuzzha et ses nombreux canaux.
Commence ensuite ma remontée vers le nord : d’abord Kochi (plus connue chez nous entant que « Cochin »).
Je fais deux grandes étapes en longeant la côte pour rejoindre les magnifiques plages de Gokarna. La route n’est pas facile : contrairement au reste du pays, il n’y a pas encore de voie rapide sur la côte ouest.
Je resterai quatre jours à Gokarna, pour profiter du décor paradisiaque, à quelques encablures de Goa, sans tous les touristes !
Je mettrai ensuite deux longues journées pour rejoindre Mumbai, point final pour moi en Inde. Les premiers jours seront consacrés à la préparation de la moto pour le transfert vers l’Afrique. Pour ma part, je resterai presque deux semaines dans la ville avant de décoller vers Johannesburg. Le temps de visiter quelques endroits de l’énorme ville qu’est Mumbai.

Carnet de Route

Le push

Quatre jours pour 2000 kilomètres. Ici, avec le réseau routier et le trafic, chaque distance est décuplée. Une étape de 500 en Europe peut sembler raisonnable. Ici, cela correspond à des journées de 10-12 heures sur la moto, qui se finissent souvent de nuit. Par chance, il y a quand même quelques voies rapides sur le tracé, et j’ai trouvé des hôtels plutôt confortables pour bien me remettre entre deux étapes. Mention spéciale aux bouchons en arrivant à Chennai : 3 heures entre l’entrée dans l’agglomération et l’arrivée à l’hôtel.

Chennai

Capitale du Tamil Nadu, les traces de l’Inde coloniale sont beaucoup plus présentes : l’architecture, les nombreuses églises…
Après être descendu vitesse grand V, je me rends compte que les visages ont changé, les vêtements, les temples hindous et le climat aussi.
C’est aussi ici que je retrouve la mer (ou l’océan selon) que j’avais vu pour la dernière fois en Turquie, 4 mois auparavant.

Pondichéry

La route pour rejoindre Pondichéry, au sud de Chennai est très agréable, seulement 150 kilomètres, un temps magnifique et des paysages qui ont bien changé : maintenant c’est rizières, palmiers et plantes tropicales. Bien que la ville soit assez étendue, je suis resté dans « White Town », la ville historique et ancien comptoir français. C’est d’ailleurs assez déroutant de rencontrer autant de gens qui parlent français, ou les noms de rues ou de magasins. Le front de mer ressemble un peu à la promenade des anglais (bien qu’il ne s’appelle pas la promenade des français !). On sent quand même aux boutiques, restaurants, bâtiments, que le niveau de vie a l’air un peu plus élevé (d’où le surnom de « French Riviera de l’Est »)

Les montagnes du Kerala

Après une sacrée journée de route depuis Pondichéry, terminée de nuit, sous de gros orages, sur de petites routes de montagnes, j’arrive finalement à Munnar, petite ville au milieu des montagnes des Ghâts occidentaux. Au matin, je découvre les plantations de thé à perte de vue. Je resterai 3 jours dans ce décor en faisant de petites étapes entre les différentes petites villes. Malgré le temps exécrable lié aux orages quotidiens, je profite de la région, super à faire en moto ! J’y retrouve aussi les températures fraiches puisque je monte à plus de 1500m d’altitude !

La côte du Kerala

Je rejoins ensuite la partie côtière du Kerala au niveau d’Alappuzha. Mais la partie la plus intéressante n’est pas la côte en elle-même mais les milliers de canaux des fameux « Backwaters », un vrai labyrinthe dans lequel vivent de nombreux habitants dans de petits villages entourés de rizières. J’y ferai un tour en moto via les petites routes mais aussi un tour en Shikara, un petit bateau traditionnel. Autant la côte Est n’était pas « baignable », autant de ce côté, je commence à voir les premières plages qui annoncent du bon pour la suite ! Première baignade en mer depuis longtemps et plus de 30°c dans l’eau au coucher du soleil.

Kochi

Un peu plus au nord, Kochi. La route pour y parvenir traverse encore de nombreux canaux. Ville portuaire majeure depuis des siècles, on y voit aussi beaucoup de traces coloniales, mais aussi d’autres influences notamment pour la pêche au carrelet apporté par les chinois. Il y a de nombreux quartiers différents, un front de mer, la principale embouchure qui mène aux canaux et aux lacs dans les Backwaters. L’atmosphère se rapproche un peu de Pondichéry, des quartiers résidentiels, d’autres avec quelques boutiques mais moins « grouillant » qu’ailleurs. Témoignage du niveau de vie au Kerala, je commencerai à voir quelques villas absolument immenses sur la côte en remontant vers Goa, parfois en plein milieu de la jungle !

Gokarna

Je voulais profiter de quelques jours sur la côte de Malabar. La destination la plus réputée est la région de Goa, mais plutôt prise d’assaut par les touristes et connue comme une « Ibiza indienne » … Je choisis plutôt de m’arrêter à Gokarna, un peu au sud de Goa, connue des touristes mais tout de même bien plus reposant ! Je passe 4 jours au bord de la plage, un peu à l’écart des nombreux restaurants de plage servant les poissons et fruits de mer locaux. Le village de Gokarna est aussi à voir, c’est un lieu de pèlerinage hindou, il a donc conservé toute son authenticité !

Mumbai

En repartant de Gokarna, je me refais deux bonnes journées de route pour rejoindre Mumbai. Les premiers jours, je m’occupe de la moto : nettoyage, préparation pour l’expédition en cargo. Après quelques procédures administratives, j’ai le temps de visiter. La ville est absolument immense, je ne resterai quasiment que vers le quartier de Colaba, à la pointe, la vieille ville. Mumbai, ça reflète bien toute l’Inde et ses contrastes : des bidonvilles au bord de l’eau jusqu’au villas les plus incroyables des riches familles indiennes. Des quartiers hyper animés comme au marché de Kalbadevi (ou on peut facilement rester bloquer plusieurs minutes dans des « bouchons piétons »), aux bâtiments coloniaux abandonnés. La ville entière est en travaux, on sent que ça se développe à une vitesse incroyable : des gratte-ciels, six lignes de métro en construction simultanément, mais beaucoup de quartier ont gardé un côté « dans leur jus ». J’en profite pour me reposer un peu, je ne m’étais jamais arrêté plus de 4 jours depuis mon départ de France, j’ai aussi une petite tendinite à force de marcher (notamment dans le sable), j’en profite pour me limiter un peu et prendre mon temps.

Les rencontres

La rencontre la plus notable est à Chennai : je suis passé voir mes anciens collègues. Lorsque je travaillais à Amiens, j’avais de nombreux projets avec le site indien, je les connais bien. J’y ai été accueilli comme un roi, c’était aussi la première fois depuis des mois que je revoyais des têtes connues.
Sinon, j’ai recommencé à voir des motards voyageurs indiens à partir de Pondichéry jusqu’au Kerala : un groupe de trois amis qui partent en week-end, un motard-pèlerin qui se rend à un temple à plusieurs centaines de kilomètres (pieds-nus sur ses repose-pieds, parce que « un pèlerinage, c’est pieds nus ! »).
Le sud étant un peu moins touristique, les échanges sont un peu plus sincères, la plupart des gens que je rencontre dans les hôtels, restaurants ou dans la rue sont de manière générale plutôt accueillants.

L'hébergement

Je reste sur la même lancée : les hôtels ou auberges ne sont pas chers et plutôt confortables.
Je me suis fait un petit plaisir à Gokarna : une chambre dans une petite maisonnette individuelle, les pieds dans le sable, à quelques mètres de la plage.
Seule exception : Mumbai. Le coût de la vie y est nettement plus élevé. La densité de population notamment implique des hôtels assez chers. J’ai tout de même trouvé les bons plans du quartier !

La Mécanique

Absolument aucun souci sur cette fin de séjour en Inde. Pourtant, bien qu’il n’y eût plus beaucoup de sections tout-terrain, j’ai fait de grosses journées dans la chaleur, l’humidité, la poussière… pas des conditions faciles pour la mécanique ! C’est surtout la préparation de la moto pour l’expédition en cargo qui a été à faire : nettoyage complet, graissage de toutes les parties sensibles à la corrosion (chaine, visserie, cosses, disques de frein, etc.), siphonage du réservoir d’essence, déconnexion de la batterie, préparation de tous les bagages qui partent avec la moto. La caisse sera faite par un prestataire. Il ne me reste plus que deux petits sacs avec moi. J’ai prévu un gros entretien de mi-voyage au Cap, en Afrique du Sud.