Le Parcours
La frontière indienne est seulement à quelques kilomètres de Lahore. Je m’y reprends à deux fois pour traverser ce passage très particulier ! la ville miroir de l’autre côté est Amritsar, j’y reste deux jours pour visiter les magnifiques temples Sikh.
J’essaye de ne pas traîner pour me diriger vers le Ladakh, l’hiver arrive vite dans cette région montagneuse !
Je m’autorise tout de même un petit détour par Daramshala, ville du Dalaï Lama.
Passé Manali, porte d’entrée du Ladakh, j’entre dans la très haute montagne : constamment au-dessus de 3500m, voir 4000m. j’empreinte la route de 500km qui file à Leh, exposée aux éléments et aux hiver rudes, celle-ci est constamment en travaux !
Depuis Leh, je m’organise un tour de la région : la vallée de la Nubra jusqu’à la frontière pakistanaise, puis le lac Pangong à la frontière tibétaine et Hanle. Le tout en passant parmi les plus hautes routes du monde.
De retour à Leh, je me retrouve coincé : la route empruntée à l’aller pour revenir à Manali est fermée à cause des récentes chutes de neige. Je temporise quelques jours le temps que les militaires dégagent la route.
Malgré la difficulté d’obtenir des informations sur l’état de la route, deux motards croisés auparavant me confirment que la route est praticable. Cependant, impossible de faire étape sur la route, je dois tout faire d’une traite, l’opération « Manali express » est lancée !
Après cette expédition himalayenne, je me pose à Chandigarh avant de filer vers le désert du Rajasthan, contraste !
Carnet de Route
Poste frontière de Wagah
En mars 2023, je me suis rendu au Japon. Depuis le conflit Russo-Ukrainien, la plupart des long-courriers vers l’Asie ne survolent plus la Russie et passent par le sud. Au milieu de la nuit, je lève le volet du hublot, et je vois une ligne lumineuse qui s’étend à l’infini : il s’agissait de la frontière indo-pakistanaise. Et pour cause, cette frontière, très disputée depuis la partition des Indes lors de l’indépendance est bardée de projecteurs, une des plus militarisées au monde. Et me voilà devant la grille, en moto !
Wagah est la seule voie de passage terrestre (il existe une autre frontière, celle-ci, ferroviaire).
La particularité est que 99% des gens qui se rendent à Wagah ne traversent pas, ils viennent assister à la cérémonie de clôture de la frontière, tous les jours à 18h. Principale attraction touristique de la région (des deux côtés).
Afin de préparer la cérémonie, le poste douanier ferme à 15h30. Évidemment, quand je me présente comme une fleur à 14h et que les autorités pakistanaises m’expliquent que les informations douanières avaient mal été remplies par leur collègues à l’entrée, je réalise vite que je devrais revenir le lendemain.
Je profite d’être sur place pour assister à la cérémonie, jalonnée de « concours » entre gardes indiens et pakistanais (plus longue vocalise, plus haut levé de pied, plus belle moustache…). L’ambiance festive dénote avec la réalité de deux pays en conflit.
Amritsar
Le lendemain, le passage de frontière se déroule sans accroc et rapidement.
Je me retrouve à Amritsar, lieu de pèlerinage des Sikhs. Au milieu du bassin au nectar, Le temple d’or. Les fidèles viennent méditer et faire leurs ablutions.
L’ambiance qui règne au temple est impressionnante, c’est très spirituel.
Hormis la différence de religion, le dépaysement avec le Pakistan n’est pas flagrant.
Daramshala
Manali
Manali-Leh Highway
Leh
Malgré le fait que le Ladakh fasse partie de L’inde, je considère qu’il s’agit d’un pays totalement différent. Ethnologiquement, tout est différent : la culture, la religion, la nourriture, les traits des visages. Et pour cause : séparée par les montagnes du reste de l’Inde, la région est enclavée entre le Pakistan, le Tibet et le Népal.
Leh en est l’exemple parfait : des temples bouddhistes, un palais reprenant l’architecture de celui de Lhassa.
C’est aussi le temple de la moto : une foultitude de loueurs de Royal Enfield Himalayan pour les motards indiens ou étrangers qui viennent visiter la région. Je pense que je suis le seul à avoir un autre modèle.
Je suis aussi étonné de voir la taille de cette ville, pourtant isolée de tout. Je comprends mieux le balai des camions sur la route, on y trouve tout ce dont on a besoin !
Je dois y faire ma demande de permis : la région étant frontalière de partout, un permis est requis pour l’accès aux différentes vallées
Vallée de la Nubra
Depuis Leh, je passe de l’autre côté de Khardung La (anciennement la plus haute route du monde) pour rejoindre un petit village, Diskit.
En poursuivant la route, on s’enfonce dans une vallée suivant la rivière Shyok. Au bout : Turtuk, dernier village avant la frontière pakistanaise. Impossible bien sûr d’aller plus loin. Mais si je continuais la route, je ne serais qu’à une centaine de kilomètres de Skardu, la ville où j’étais un mois avant.
La B.R.O.
Pangong lake
Photi La
Il est possible de continuer la route après Hanle, et d’affronter l’énorme Photila Pass. Le village est déjà à 4260m. Et pourtant, la route continue de monter : les lacets s’enchainent à l’infini, comme si l’officier du BRO avait griffoné une feuille pour tracer le plan de la route.
Lorsque la route finit de monter : 5524m.
Il est possible de continuer la route jusqu’au Umling La, plus haut col du monde à quasiment 5900m. Mais les étrangers n’y sont pas autorisés…
Opération Manali Express
Les rencontres
Le Ladakh est rempli de motards, mais roulent souvent en groupe organisé. Je ne sais pas s’ils restent dans des hôtels de luxe, mais je n’ai pas croisé de grands groupes (encore moins d’étrangers).
J’ai croisé un motard indien à Sarchu, sur la route de Leh : il est arrivé chez le même loueur de cabane, il était venu d’Hyderabad tout seul. Il m’a donné pleins de conseils pour les choses à faire au Ladakh.
J’ai également rencontré deux motards à Nyoma entre Hanle et Leh : un père et son fils, on s’est raconté nos anecdotes, chacun choisi une route un peu différente dans la région. C’est eux qui m’indiqueront plus tard la réouverture de la route de Manali.
Dans la même auberge, j’ai rencontré deux indiens d’Hyderabad, en déplacement professionnel, ils passaient un moins dans la zone pour installer des sismographes. Les pauvres n’étaient pas ravis d’être là, ils étaient congelés !
J’ai aussi rencontré Fanny à Leh, une française volontaire en ONG. J’avais appris sa présence puisqu’elle vient du même village que moi dans le cantal (30 habitants !)
L'hébergement
Depuis mon arrivée en Inde, j’ai rangé la tente : en plaine, pas un mètre carré qui n’est pas occupé par quelqu’un ou je pourrais bivouaquer.
Seule exception, le Ladakh, mais les températures sont descendues trop bas, je ne suis pas équipé pour dormir en dessous de 0. Si j’étais resté dehors à Sarchu, je me serais mis en danger.
Mais le Ladakh regorge de petites auberges, en général chez l’habitant qui prépare également le repas.
Mention spéciale à Nyoma : je suis tombé sur une délégation de moines bouddhistes en allant dans la salle à manger pour déjeuner !
La Mécanique
L’entretien à Lahore a fait du bien : aucun problème particulier.
La moto a bien tenu au Ladakh, malgré les nombreux passages à plus de 5000m (j’ignorais que ça marchait encore à cette altitude).
J’ai tout de même fait recharger ma batterie au retour à Leh, tous ces démarrages à froid le matin l’ont un peu vidé.
A Chandigarh, j’essaye de trouver le nécessaire pour renforcer mes supports de valise. C’est un défi, il faut chercher dans les petites boutiques, pas de Leroy Merlin à l’horizon !

















































































