Le Parcours

A partir de Dakar, c’est tout droit jusqu’à Marrakech ! Et j’ai moins d’une semaine pour boucler les 2600 kilomètres.
Après Saint-Louis du Sénégal, je passe en Mauritanie par Diama et le parc du Diawling. La traversée de la Mauritanie sera faite en deux jours, dans une tempête de sable constante.
Je rentre ensuite au Sahara Occidental. Les kilomètres défilent dans le désert.
Six jours plus tard, me voilà à Marrakech. J’y retrouve mes parents pour y passer quelques jours. Nous continuons ensuite la remontée en France avec mon père.
Quelques jours dans l’Atlas marocain et les forêts de cèdres.
27 mai, nous prenons le bateau à Ceuta pour revenir sur le continent européen. Cela marque la fin de ma traversée de l’Afrique après cinq mois.
Nous décidons de passer par le Portugal : Faro, Lisbonne, Nazaré, Coimbra, Porto.
Nous rejoignons ensuite l’Espagne au niveau des pics d’Europe.
A partir de là, il suffit de suivre la côte basque jusqu’en France.
Pour moi, le plan est de rejoindre des amis à Pau pour fêter mon retour.
Mais la vraie arrivée sera atteinte à Toulouse, point de départ, après exactement 360 jours sur la route et 52 000 kilomètres.

Carnet de Route

Frontière Mauritanienne

Après avoir rejoint Saint-Louis du Sénégal, je décide de passer par Diama : Il y a moins de monde et il y a un barrage qui permet de traverser le fleuve Sénégal en évitant le bac à Rosso où la corruption est, parait-il, le sport national. Dès la frontière passée, je traverse le parc national du Diawling par une piste défoncée mais sèche (apparemment impraticable en saison des pluies). Le site est une oasis au milieu du désert : des marécages, des oiseaux, des phacochères…

Nouakchott – Nouadhibou

Sorti du Parc du Diawling, je débarque d’un seul coup en plein cœur du Sahara : des dunes, de rares acacias, des chameaux, quelques villages fantomatiques. J’atteins la capitale Nouakchott en soirée. Malgré toutes les villes que j’ai pu traverser, celle-ci fait partie des plus bordéliques. De vieilles Mercedes partout et un trafic inimaginable dans des rues ensablées. Après une nuit, je repars en direction du nord et Nouadhibou, juste avant la frontière marocaine. On m’avait prévenu, la région est ventée. Mais je ne pensais pas que c’était aussi infernal. Un vent de trois-quarts pulvérise tout le sable des dunes sur la route. Impossible de m’arrêter sans coucher la moto, une véritable scène de Mad Max. Je parviens finalement à rallier Nouadhibou, dernière ville avant le Maroc.

Sahara Occidental

La région est sous tension, le Sahara Occidental étant une région débattue, la frontière est hyper surveillée et traversée par un No Man’s Land apocalyptique, et vraisemblablement miné.
Les contrôles et la pause de midi des douaniers me font perdre beaucoup de temps, je n’arriverai à Dakhla qu’à 23h, probablement l’heure d’arrivée la plus tardive de mon voyage !
S’ensuit trois jours de route, de longues lignes droites qui longent la côte. Il y a un fort vent de face, il fait relativement froid, c’est un peu une purge ! Je suis obligé de m’arrêter derrière les murs d’enceinte au pied des antennes relais pour m’abriter du vent !

Marrakech

J’arrive enfin dans la partie un peu plus développée du Maroc : Agadir puis Marrakech.
On se retrouve avec mes parents pour quelques jours de visite, après un an sans se voir.
C’est certainement la ville la plus développée que je retrouve depuis l’Afrique du Sud. Medina, Souk, Jardins Majorelle, il y a de quoi faire ! Mais rapidement, nous sommes un peu désabusés par l’aspect très « tourisme de masse de la ville ». On passera une journée un peu à l’écart de la ville, dans les contreforts de l’Atlas, où la vie est un peu plus authentique. Malgré ça, c’était une bonne pause après tous ces jours de traversée du désert !

Atlas Marocain

Ma mère repart de Marrakech en avion, on poursuit la route avec mon père.
On rejoint la ville de Ouarzazate puis les gorges après Boumalne Dadès, Imilchil, Cirque de Jaffar, Midelt.
On profite de l’occasion pour s’enfoncer dans quelques pistes. Malgré la proximité avec l’Europe, on passe dans des paysages parmi les plus beaux que ceux que j’ai pu voir pendant le voyage.
On y voit aussi des villages parmi les plus pauvres que j’ai pu voir, très reculés dans la montagne, présentant encore les stigmates du récent tremblement de terre.

Parc d’Ajdir

En rejoignant Midelt, on ressort de l’Atlas et on arrive dans les forêts de cèdres entre Khénifra et Ifrane.
De belles pistes dans les collines, quelques singes.
On s’arrêtera dans une petite auberge à Oum Rabia très accueillante.
Mon régime alimentaire a enfin changé : couscous et tajine remplacent maintenant le riz-poulet !

Chefchaouen

En passant Ifrane, on quitte les pistes et l’aventure !
A partir de maintenant, on trace vers le nord. On fera étape à Chefchaouen, la ville bleue. Les ruelles sont très sympas et bien que touristique, la ville n’est pas prise d’assaut.
Après, direction Ceuta pour prendre le bateau et quitter l’Afrique…
Après tout ce n’est qu’un ferry d’une heure, mais pour moi, ça marque le début de la fin…

Portugal

Premiers tours de roues en Europe : les euros, les autoroutes, le réseau téléphone, l’absence de visas…
On décide de remonter le Portugal qui nous parait bien plus intéressant que le centre de l’Espagne !
Nous passons par Faro, Lisbonne, Nazaré, Coimbra, Porto, quelquefois par la côte, d’autres fois par la fameuse Nationale 2. Mention spéciale pour un Camping tenu par un ami au sud de Coimbra dans lequel nous resterons deux jours super sympas.

Espagne

Nous repassons en Espagne pour traverser les pics d’Europe et rejoindre la côte basque. Les paysages sont encore une fois assez incroyables, même si on retrouve des coins que l’on connait déjà !

Arrivée en France

Le 6 juin 2024, je passe le panneau France ! une dernière nuit en tente et je file à Pau retrouver des amis pour fêter ça.
Trois jours plus tard, je suis de retour à Toulouse ou j’ai commencé mon voyage.
Un retour qui ne sera que de courte durée puisque nous repartirons trois semaines plus tard avec mon père pour six semaines en Scandinavie.
Je crois que je n’en avais pas eu assez !

Les rencontres

Après Dakar, je croise un peu plus de voyageurs : deux motards français dans mon auberge à Nouakchott, eux descendent au Sénégal.
Ensuite au Maroc, on commence à croiser beaucoup de touristes ou voyageurs qui descendent pour quelques semaines :
Un motard allemand à Midlet, d’autres motards de toutes nationalités dans les gorges de Dadès, des professeurs franco-marocains sur le bateau…
Idem en Espagne et au Portugal, beaucoup de rencontres dans les différents campings : un motard allemand à Faro, des cyclistes australien-allemand à Porto, des landistes anglais en panne dans les pics d’Europe, des cyclistes italiens dans le pays basque…

L'hébergement

Ma tente servait de moins en moins depuis quelques temps…
J’ai continué les auberges sur les étapes marathon en Mauritanie – Sahara Occidental. Dont une nuit en tente berbère sur un toit de Nouakchott !
Mais à partir de Marrakech, on retrouve des campings.
On fera un bivouac dans le cirque de Jaffar, sous un gros orage, avec la visite de tous les bergers de la vallée.
En Europe, les campings semblent de plus en plus chers, excluant toute auberge. Mais les conditions sont bonnes.

La Mécanique

Assez peu de mécanique sur ce tronçon, il faut juste que ça tienne jusqu’au bout maintenant. Tout est rincé sur la moto…
Mais la traversée du Sahara fera des dégats : toute la partie droite de la moto est sablée par le vent. Par la même occasion, la chaine se met à « croustiller », ce n’est pas l’idéal. J’avais aussi installé un pré-filtre à sable autour du filtre à air qui n’aura pas été inutile !
A partir de là, je ménage la mécanique, et tout tiendra correctement.